Partager l'article ! Retraites : ce que les partis proposeraient en 2012: La Croix a demandé aux principaux partis politiques quelle serait leur attitude en cas ...
Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée nationale en septembre dernier (photo Verdy/AFP)
Le PS : allonger la durée de cotisation
S’il revient au pouvoir en 2012, le PS promet d’annuler la réforme pour mettre en œuvre ses propres solutions. Après « une grande négociation », la nouvelle réforme
devrait être votée en « 2013 », a assuré Martine Aubry sur France 2 la semaine dernière, avec comme promesse phare le retour du droit au départ à 60 ans.
Mais cet engagement est toutefois très encadré, car le PS accepte désormais l’augmentation de la durée de cotisation prévue dans la réforme Fillon de 2003, soit
41,5 années à l’horizon 2020 pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. Mieux : lors d’un « rendez-vous en 2025 », une nouvelle augmentation est envisagée, « limitée à la moitié des
gains de l’espérance de vie ».
Le « retour de la retraite à 60 ans est une mesure destinée d’abord à ceux qui ont commencé à travailler tôt, défend Marisol Touraine, la spécialiste du dossier au
PS. En revanche, tout le monde sera concerné par le retour à 65 ans de l’âge de départ sans décote. »
Le PS met aussi en avant la nécessaire prise en compte de la pénibilité. Le travail de nuit, à la chaîne ou dans certains secteurs comme le bâtiment devrait donner
lieu à une « majoration des annuités permettant de partir plus tôt ».
Pour assurer l’équilibre de sa réforme, le PS propose la recherche de nouveaux financements. « Contrairement au gouvernement, nous ne faisons pas porter la
quasi-totalité de l’effort sur les seuls salariés », assure Marisol Touraine. Le PS envisage une « augmentation modérée des cotisations patronales et salariales de 0,1 % par an entre 2012 et 2021
». Il entend surtout taxer les stock-options et les bonus et annonce ainsi « 25 milliards d’euros prélevés sur le capital à l’horizon 2025 ».
Le MoDem : une « fusion » de tous les régimes
Sur le long terme, François Bayrou plaide depuis longtemps en faveur d’une « refonte universelle » englobant tous les régimes de retraite (y compris les régimes
spéciaux) avec la mise en place d’une « retraite à la carte, par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation ».
C’est ce qu’il lancerait en 2012, une fois élu à la présidence de la République. En attendant, le MoDem croit encore possible d’amender cette semaine, au Sénat,
l’actuelle réforme des retraites. Ce que le parti de François Bayrou ferait à court terme dépend donc de ce qui sera définitivement voté.
Chargé des relations sociales, du travail et des retraites dans le « shadow cabinet » de François Bayrou, le sénateur du Pas-de-Calais Jean-Marie Vanlerenberghe
insiste sur deux points. Tout d’abord, introduire « une année de bonification pour dix ans d’exposition à des travaux pénibles ». Ensuite, élargir le dispositif « carrières longues » aux salariés
qui ont commencé leur vie professionnelle avant 20 ans, et non 18 ans comme prévu dans le texte gouvernemental.
Enfin, le MoDem au pouvoir repasserait à 65 ans l’âge de la retraite sans décote – les 67 ans prévus par le gouvernement ne commençant à s’appliquer qu’en
2016.
Les Verts : pour une « transformation écologique »
«Un gouvernement écologiste reviendrait évidemment sur cette réforme », assure Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts. Les écologistes qui dénoncent l’injustice
des mesures prévues par le gouvernement défendent le droit à la retraite à 60 ans et au départ à 65 ans à taux plein et même avant « pour les salariés exposés à des polluants ou à des conditions
de travail pénibles ».
De même, ils rejettent l’idée d’un allongement de la durée de cotisation, « totalement hors sujet vu la situation économique actuelle ». Pour financer les
retraites, les écologistes misent donc sur « une taxation des revenus du capital, notamment le doublement de la CSG sur les revenus du patrimoine ».
Surtout, assure Djamila Sonzogni, « la réforme à laquelle nous travaillons encore sera bâtie autour d’une nouvelle politique de l’emploi, avec une transformation
écologique de l’économie qui sera très créatrice d’emplois ».
Le Parti communiste : un changement radical du système de financement
Le Parti communiste reviendrait, sans surprise, sur toutes les mesures de l’actuelle réforme : retour sur le droit à la retraite à 60 ans et à 65 ans à taux plein.
Les communistes veulent également tenir compte de la pénibilité par branche d’activité pour permettre des départs anticipés. « Le projet de loi qui propose des mesures individuelles en fonction
des incapacités de travail est vraiment indécent », explique Patrice Bessac, porte-parole du parti.
Une proposition de loi du groupe des députés communistes, républicains et du parti de gauche dessine une réforme alternative à celle du gouvernement avec un
changement radical du système de financement des retraites : assujettir les revenus financiers des entreprises à une contribution d’assurance-vieillesse (30 milliards d’euros) ; moduler les
cotisations patronales selon que les entreprises privilégient l’emploi ou la spéculation ; supprimer les niches sociales, en particulier l’exonération au titre des heures supplémentaires ou
l’exemption des dispositifs tels que l’actionnariat salarié ; taxer d’avantage les stock-options, les parachutes dorés et autres indemnités de départ.
Le Front national : maintenir à 40 ans la durée de cotisation
« L’âge est un faux problème », assure Joëlle Mélin, membre du bureau politique du FN et organisatrice, fin septembre, d’un colloque sur le thème des retraites.
Contrairement à l’actuelle réforme, celle qu’appliquerait au pouvoir le FN ne s’intéresserait en effet pas à l’âge légal de départ à la retraite mais à la durée de cotisation, autour de deux
principes.
D’une part, « l’égalité du temps de cotisation », le FN étant « attaché à la limitation de la durée de cotisation à 40 annuités ». D’autre part, « la liberté dans
le choix du moment de départ à la retraite » à travers « une retraite à la carte avec surcote proportionnelle au temps de cotisation supplémentaire ».
Pour le reste, Jean-Marie Le Pen martèle qu’il existe deux grandes sources de « véritables économies utiles » permettant de « combler non seulement les déficits des
caisses de retraite, mais aussi ceux de tous les comptes sociaux » : l’immigration (selon le FN, « les immigrés reçoivent sous forme de prestations 70 milliards de plus qu’ils ne versent sous
forme de cotisations ») et l’Union européenne (7 milliards).
République solidaire : s’écarter de la logique des seuils d’âge
Sept députés (sur neuf) membres du parti de Dominique de Villepin se sont abstenus de voter, en première lecture, la réforme des retraites, qualifiée par l’ancien
premier ministre de droite de « strictement comptable », d’« insuffisante » et d’« injuste, notamment pour les femmes ».
Au pouvoir, Dominique de Villepin ne l’abrogerait pourtant pas. « Nous ne sommes pas dans une logique de détricoter ce qui aura été adopté, explique Marie-Anne
Montchamp, députée et porte-parole de République solidaire. D’autant plus que cette réforme n’épuise pas la question du financement des retraites, qui se reposera dès 2018. »
Au fil de ses interventions, Dominique de Villepin a dessiné la réforme qu’il proposerait aux Français en 2012. « Il s’agit de bâtir un régime unique et lisible,
s’écartant de la logique de seuils d’âge pour aller vers une plus grande égalité des durées de jouissance de la retraite par rapport à la durée de cotisation, a-t-il avancé. Il s’agit aussi de
prendre en compte les questions du chômage des jeunes et des seniors, à travers une retraite à la carte. »
Quant au financement du système, le président de République solidaire suggère de « faire participer davantage les revenus du capital ».
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